Les Maternelles, retour sur les débuts d’une émission de télévision peu ordinaire qui a marqué toute une génération de jeunes parents. Nathalie Le Breton raconte ce qui fut à l’origine de sa passion pour les bébés, les enfants, les parents et les livres!

Arrêt sur image, ce 20 mai 2016 : nous achevons les tournages, il n’y aura pas de 16 ème année pour les Maternelles.

Les Maternelles : 15 ans d’engagement au sein d’une émission qui m’a collé à la peau comme le vêtement fétiche dans lequel on se sent si bien et que l’on retrouve à chaque fois avec plaisir.

15 ans à raison de 200 émissions Les Maternelles tournées chaque année, et encore ! Fut une époque où nous tournions plus d’épisodes…Bref disons environ 3000 émissions, 3 témoins à chaque fois soit 9000 personnes, parents, grands-parents, hommes, femmes et 1 à 2 professionnels de la naissance ou de la petite enfance par thématique. Ces 1500 spécialistes nous ont tous donné de leur temps avec une envie et une conviction toujours inaltérables.

Les maternelles France 5

Naissance de l’émission Les Maternelles

Les Maternelles sont nées et ont vécu sur France 5. A l’époque, ce n’est pas hasard. J’ai eu la chance de commencer aux premiers instants de cette chaine, il y a plus de 20 ans, grâce à son père fondateur Jean-Marie Cavada. Ce grand journaliste devenu homme politique a osé me faire confiance comme il l’a fait pour d’autres petits jeunes comme Michel Cymès (il va adorer que je le traite de petit jeune…), Olivier Galzi, Elizabeth Tchoungui, Olivier Minne… Le temps a passé et la chaîne « du savoir et de la connaissance » a pris son envol notamment avec Jean-Pierre Cottet. Confronté alors à des questionnements avec son tout jeune fils, il eut l’idée de créer Les Maternelles pour mieux comprendre tous les bouleversements inhérents à l’arrivée d’un enfant dans un couple. Je me souviens du casting l’émission comme si c’était hier. A l’époque, passionnée de désert, je revenais d’un trek dans le Ténéré, les cheveux ultra courts, toute brune de soleil. Devant moi venait de passer une grande blonde, peau blanche et le verbe haut qui me plaisait déjà : Maïténa Biraben. C’est elle qui remporta l’affaire haut la main et j’obtins le poste de chroniqueuse quotidienne, bouquins, infos, actu… Je récupérais l’étiquette de Madame « fond » mais surtout j’allais profiter de cet espace formidable pour présenter des livres pour enfants.

Les Maternelles au service des parents et des enfants

A l’époque, l’objectif premier, évident sur cette chaîne d’Etat, était de décrypter et d’accompagner les jeunes parents dans cette tourmente qu’est la parentalité. Les spécialistes avaient alors bien voix au chapitre puisqu’ ils étaient 2 par émission. Il y avait la volonté de guider les parents jusqu’au moment où l’on perçut que l’échange entre eux était une manière peut-être moins directive et moins culpabilisante de se soutenir les uns les autres. Au lieu de débattre entre pairs, le spécialiste présent pouvait déployer une écoute bienveillante, pointer un détail sans pour autant entrer dans la consultation ou l’analyse. Nous avions trouvé notre ton. De façon générale, le temps, ça compte, pour observer, pour comprendre, pour apprendre, pour aimer. Quand on me demande si jamais, je ne me lassais : ma réponse est non car même si les thèmes se répétaient, les personnes, elles, changeaient, leur histoire, le contexte aussi. Sans oublier l’avancée des neurosciences…

Les maternelles France 5

Un public fidèle

Souvent, il m’arrive de revoir des invités dans la rue, dans une gare ou un aéroport. Et bien sûr, nous discutons bébés, accouchements, naissances… Car, ils ont en tête des moments précis qui les ont aidés dans cette période si déterminante dans la vie d’une femme, d’un couple et d’une famille. De fait, Les Maternelles avaient été là pour eux au bon moment. Mieux, elles leur avaient permis de s’extraire de leur réalité immédiate de parents (les couches, les pleurs, les problèmes de sommeil, la fatigue…). Elles leur avait permis de s’ouvrir sur l’extérieur, de percevoir au détour d’une phrase, d’une émotion qu’ils n’étaient pas seuls face à ce chamboulement fait de grands bonheurs tout autant que d’angoisses et de remises en cause, d’espoirs et de confiance, tout autant que d’ambiguïtés et d’inquiétudes. Je partage ces sentiments car j’ai grandi en tant que femme, mère et compagne en partageant ces moments d’humanités à la fois intimes et subtils, surprenants parfois voire désarçonnants, drôles souvent. Mon second fils est né en année 3 de l’époque Maïténa. Il est l’enfant des Maternelles au sens où –oserais-je l’avouer- il a servi de terrain d’application. Evidemment il y eut des ratés de notre part, et heureusement ! Comme moi, vous savez qu’il n’y a pas de recettes miracles ! Et si les 3 enfants précédents nous ont permis d’être vraiment plus détendus, nous sommes loin de la perfection à l’énorme différence près que nous l’assumons, le papa et moi .

Bien plus que de la télé

Les Maternelles, quand j’en discute avec les copines : Julia Vignali me dit qu’on ne fait pas cette émission par hasard. Maïténa Biraben soutient qu’on en sort pas indemne. Karine Le Marchand affirme que c’est une émission qui transforme. Elisabeth Tchoungui pense qu’elle lui fait encore du bien, des années après son passage. Daphné Burki dit qu’elle l’a aidée à se positionner comme mère au point de faire son deuxième dans la foulée sans l’avoir vraiment cherché… Elle n’est restée qu’une année mais son corps a parlé pour elle! Personnellement, ces sujets me passionnent car j’ai trouvé là du sens. Grâce aux Maternelles, j’ai rencontré la générosité à l’état pur d’êtres humains tous empreints d’une même volonté : comment faire pour accompagner au mieux ces petits d’hommes et leurs familles ? Comment les aider à exister au monde le moins mal possible et faire jaillir ce qu’il y a de mieux chez chacun ? Il en va de l’avenir de notre planète et je ne suis pas dans l’emphase en l’affirmant.

Les maternelles France 5

Plaidoyer pour les bébés

Il y a trois ans, l’Unicef annonçait par sa présidente Michèle Barsach que la France comptait 3 millions d’enfants vivant sous le seuil de pauvreté dont 9000 dans des bidonvilles. Vous l’avez bien compris: il s’agit bien de notre monde, pas celui situé sur autre continent à des milliers de kilomètres, NOTRE monde. Notre société a décidément quelque chose qui ne tourne pas rond. Et les enfants, les bébés en sont à la fois les victimes et les symptômes. Mon objectif n’est pas de déclencher les larmes dans les chaumières en vain mais de me faire le porte-parole de ces petits d’hommes qui deviendront grands. Pour l’instant, ces derniers ne peuvent se faire entendre alors qu’on  impose et fait subir à certains d’entre eux de l’in-humain. Oui, il y a une prise de conscience d’ampleur nécessaire et indispensable. Et en même temps des pistes sont à inventer pour rompre avec un cercle infernal qui qui prend racine dès la naissance voire la grossesse et aboutit à des monstruosités délétères pour notre société.

Prise de conscience nécessaire

Car, le bébé est en danger quand on le tient trop longtemps à distance de sa mère après sa naissance. Le bébé est en danger quand sa mère n’arrive pas à le regarder ni lui sourire. Le bébé est en danger quand il n’est pas écouté. Le bébé est en danger quand il est frappé. Le bébé est en danger quand un quasi-frère abuse de lui dans une famille recomposée. Le bébé est en danger quand il est secoué. Le bébé est en danger quand il est sur-stimulé. Le bébé est en danger quand il est exposé aux perturbateurs endocriniens. Le bébé est en danger quand il devient objet de consommation…

On peut sérieusement s’interroger mais il n’y a pas de fatalité. Heureusement, parents, professionnels de l’enfance, sages-femmes, éducateurs, gynécologues, psychologues, chanteurs, comédiens se battent au quotidien pour préserver cette humanité qui tend de plus en plus à faire défaut. A leur niveau, individuellement, avec une détermination sans faille, ils y arrivent. Je n’ose imaginer ce que cela pourrait générer de renversement positif, pour nous tous, si l’on se mettait ensemble en priorité derrière la cause des bébés.

Et pourtant avec vous, je veux y croire.

Nathalie Le Breton

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Merci d’avoir adhéré à la Box NotiSeoton

C’est une confiance forte de votre part et donc de mon côté une grande responsabilité à ne pas vous décevoir. J’espère que, grâce au choix de ces livres, vous prendrez en famille beaucoup de plaisir comme j’en ai eu à concocter cette sélection...